En décembre 2025, l’Observatoire de Physique de l’Atmosphère de La Réunion (OPAR), situé au Maïdo, a accueilli une nouvelle exposition ! Neuf planches d’herbier illustrant des espèces emblématiques et endémiques de la zone ont été installées au sein du site, permettant ainsi de développer les connaissances autour de la végétation altimontaine de La Réunion.
Cette opération vient compléter le projet d’arboretum altimontain porté par l’OPAR et le Conservatoire Botanique National de Mascarin (CBNM).
Une exposition pour faire connaître les plantes du Maïdo
L’exposition présente neuf planches d’herbier, chacune dédiée à une espèce végétale représentative des hauts de La Réunion. Visuelle et pédagogique, cette installation vise à offrir aux visiteurs une clé de lecture du paysage végétal environnant.
Destinée à enrichir les visites du parc de l’OPAR, et à terme, de l’arboretum actuellement en développement, les planches d’herbier jouent un rôle essentiel de sensibilisation à la richesse et à la fragilité de la flore altimontaine. L’exposition permet aussi de transmettre des connaissances botaniques en lien direct avec les espèces visibles sur place.
Un projet d’arboretum en plein développement
Né en septembre 2024 d’une initiative conjointe du CBNM et de l’OPAR, le projet d’arboretum du Maïdo a pour objectif de valoriser les espaces extérieurs de l’observatoire en y installant une collection de plantes indigènes caractéristiques de l’étage altimontain.
Ce site, encore modeste (environ 100 m² actuellement), est voué à s’agrandir progressivement. À ce jour, cinq espèces différentes y ont été plantées, pour une dizaine d’individus. D’autres plantes indigènes y sont également apparues spontanément, bien qu’on ne les ait pas encore dénombrées pour l’instant.
L’arboretum est pensé comme :
– une vitrine vivante de la flore altimontaine pour les visiteurs,
– un outil pédagogique pour aborder les problématiques environnementales et menaces qui pèsent sur ces milieux (incendies, espèces exotiques envahissantes…),
– et une réserve génétique, inscrite dans une stratégie de conservation ex-situ.
Parmi les quelques espèces emblématiques déjà présentes à l’OPAR, on trouve :
– Sophora denudata (Petit Tamarin des Hauts)
– Stoebe passerinoides (Branle blanc)
– Erica reunionensis (Branle vert)
– Cardamine africana (Cresson marron)
La végétation altimontaine : un patrimoine végétal d’exception
L’étage altimontain de La Réunion débute vers 1700 m sur les pentes au vent du massif du Piton de la Fournaise, et dès 1900 m à l’ouest, jusqu’aux sommets. Sa végétation se caractérise par :
– L’adaptation à des conditions bioclimatiques exigeantes (températures et pluviométrie avec des variations importantes, sol souvent pauvre et rocheux, fort ensoleillement, période de gel…)
– Des caractéristiques morphologiques spécifiques à ce genre de milieu (petite taille, feuilles capables de capter l’humidité de l’air et de limiter la perte d’eau….)
– Un taux d’endémicité très fort par rapport aux autres étages bioclimatiques de la Réunion.
C’est cette flore unique et menacée que l’arboretum souhaite, à terme, faire découvrir au public, et à faire comprendre pour mieux la protéger.
CBNM & OPAR : une collaboration scientifique et pédagogique
Le projet d’arboretum altimontain s’inscrit dans une dynamique de coopération étroite entre nos deux structures, avec notamment :
– une convention de partenariat en cours d’élaboration,
– des chantiers de plantation et d’entretien prévus pour l’année 2026,
– un entretien régulier assuré par les équipes techniques de l’OPAR et de l’Université de La Réunion.
Un espace pour transmettre et sensibiliser
L’arboretum accueille régulièrement des classes scolaires dans le cadre d’animations pédagogiques. Chaque année, le site est également ouvert au grand public lors des Journées Européennes du Patrimoine.
L’exposition des planches d’herbier récemment installée viendra dès à présent renforcer cette médiation, en rendant les plantes plus facilement reconnaissables et en éveillant la curiosité des petits comme des grands. C’est bien sûr une nouvelle étape dans le développement du futur arboretum du Maïdo, qui incarne la volonté de connaître pour mieux préserver !


